Du bof
Par julie tolomelli le samedi, août 13 2011, 21:03 - Lien permanent
Travailler, entretenir la maison, regarder la télé, lire, jouer à des jeux - vidéo ou non, dessiner, se promener, peindre, faire les courses... ou de la perte du temps.
À ces premières lignes, comme toujours, j'ai une furieuse envie de tout effacer, d'éteindre l'ordinateur et d'aller regarder la télé, sans vraiment la regarder d'ailleurs... (l'inlassable couplet toujours servi chaud du "si les gens te lisent, tu donnes une mauvaise image de toi"... mais c'est ça ou ne rien faire)
mais pourquoi ne pas tenir bon cette fois. Puisque dessiner et peindre ne me font pas envie, y substituer l'écriture (ou un ersatz).
Tout d'abord je me sens vieille. je n'ai que 27 ans, et pourtant, tout les nouveaux acteurs (au sens large hein... je ne parle pas spécialement des comédiens) qui apparaissent sur les scènes quelles qu'elles soient, Sont à l'aurore de leur vingtaine. Comme si on était tous là à dire "allez, au rebut, passé 25 ans, si tu n'as rien trouvé d'autre à faire que de ranger ta maison et trouver un travail, tu peux rejoindre le troupeau des gens dont le seul intérêt est d'exister".
Voilà le nœud du problème : à 27 ans, j'ai enfin atterri : j'ai compris que je ne deviendrai personne.
Pour faire dans le concret : imaginez vous dans le métro aux heures de pointe, des tas de gens se pressent les uns contre les autres, tous semblables, piétinant comme des pingouins les uns à la suite des autres pour se rendre d'un point A à un point B. Bientôt, il disparaissent laissant subtilement la place à une autre foule de gens similaires.
Je ne suis pas en train de défendre l'idée que les personnes qui prennent le métro sont des moins que rien !
C'est de foule impersonnelle dont je parle et dans la quelle je suis incluse, que je le veuille ou non.
Des grands noms dont on se souvient je ne ferai sans doute jamais partie.
Deuil du mirage de la supériorité, cultivée depuis la primaire et pourtant inavouée ?
Je comprends mieux maintenant pourquoi je pouvais passer pour une tête à claque !
Bientôt on se rend compte qu'on est comme tout le monde, peut être même moins bien. Parce qu'on ne fait rien, que des choses banales ou déjà faites, qui n'apportent rien à personne.
La vie comme un immense terrain de jeu et de guerre, piétiné par tant d'autres avant nous, dans lequel on tourne en rond sans trouver d'autre échappatoire qu'une grande porte qu'on ne franchit que deux fois.
Insupportable vérité d'une vie en camaïeux de gris, fugacement contrasté parfois.
Alors oui, c'est rageant.
C'est d'autant plus rageant que j'avais des choses dans les mains mais que si celles-ci sont comme attachées dans mon dos. J'en suis presque à détester ce "don" puisque je ne peux rien en faire et que je ne sais même pas pourquoi. un gâchis à taille (presque) humaine en somme.
Plutôt que de sauter à l'eau et rejoindre ma rive, je reste là, bien au chaud dans ma serviette, en attendant une barque qui ne viendra jamais.
Pourtant je sais que beaucoup de personnes s'accommodent très bien de ne pas être quelqu'un : en fait, c'est ça la vraie humilité !