Nous avons reçu la visite de deux représentants du mouvement international EFEFN (Eye For an Eye For Nature). Ils avaient amené avec eux un colis étrange.
Comme je n'avais pas l'air de comprendre l'objet de leur visite, un des deux hommes sortit de sa serviette une liste des courriers envoyés le mois dernier, et nous montra d'un air de léger reproche notre nom parmi celui de nos voisins.
Je me souvins alors d'une lettre officielle vite parcourue sans toutefois vraiment la lire, avant de la poser sur la pile des courriers officiels dont je ne pouvais me débarrasser sous peine d'amende.
" Vous n'êtes pas sans savoir que, suivant la nouvelle opération des océans propres pour la renaissance des fonds marins, chacune des personnes de la planète doit accueillir chez elle 1Kg d'ordures récoltées dans les océans, les voici." Il baissa à nouveau les yeux sur sa fiche " vous êtes quatre, cela fait donc 4 Kg d'ordures diverses. Si l'odeur vous fait peur, sachez qu'elles en sont complètement dépourvues compte tenu du temps qu'elles ont passé à barboter dans l'eau. "
Ne pouvant retenir un soupir blasé, je m'aventurai à quelques critiques :
" mon plus jeune enfant n'a que 1 an et 3 mois, que voulez-vous qu'il fasse de ce Kilo d'ordures !
- Ce n'est pas à moi d'en décider Madame, si vous aviez lu la lettre qui vous a été envoyée le mois dernier, vous auriez pu voir qu'il est laissé carte blanche à la population pour transformer ce kilo de détritus. La seule interdiction est de s'en débarrasser, faute de quoi il vous sera remis deux kilos pour compenser le kilo perdu. Je vous conseille d'explorer vos talents d'artistes latents. D'ailleurs à l'issue de la distribution mondiale, il y aura un concours des meilleures réhabilitations de déchets, avec comme premier prix national adulte l'immense privilège de faire un autre enfant. Les prix pour les autres catégories seront consultables dans la mairie de votre ville. "
Après un silence, il ajouta :
" Je préfère vous avertir que toute tentative se soustraction à cet événement se verra soldé par un voyage éducatif d'un an sur la nécessité de payer pour les crimes commis sur le monde sauvage.
Son acolyte nous tendit solennellement le colis problématique
" Estimez vous heureuse que ce ne soit que 1 Kg par personnes. certains ultras envisageaient le triple. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée. "
Ils se dirigèrent d'un pas lent mais décidé vers la maison voisine.
j'entrepris de ramener dans la maison le sac de ce qui allait maintenant être mes ordures précieuses.
Tag - divagations
samedi, juillet 31 2010
De la soupe plastique. (ou quand le fictif fait rigoler le lecteur)
Par Julie Tolomelli le samedi, juillet 31 2010, 12:37
mercredi, juin 16 2010
non fans de blabla, cachez vos yeux !
Par Julie Tolomelli le mercredi, juin 16 2010, 22:44
Ces derniers temps, il m'arrive souvent de penser (avec honte toutefois) que cette chose qui me pousse à dessiner ou à peindre m'handicape plus qu'autre chose.
Oui, dit comme ça, on pourrait penser que je suis de la veine des enfants pourris gâtés qui ne savent pas la chance qu'ils ont d'avoir un truc à eux que beaucoup d'autres n'ont pas.
Mais il faudrait que je m'explique...
Cette drôle de conclusion m'est venue subitement alors que je devais être débordée (sans doute en train de faire la queue à la poste ou dans un supermarché...) : une analogie improbable entre mon "don" (je n'aime pas ce mot mais je n'ai que celui là dans ma hotte) et le pouvoir d'un X-men.
Je ne m'étendrai pas sur cette comparaison, au risque de devoir m'acheter la panoplie complète de l'idiot du village.
Toujours est il que, là où beaucoup de mes anciens camarades (plus largement "contemporains") marquent d'une encoche dorée le jour où ils ont eu leur CDI tout neuf, leur mariage, leur accession à la propriété puis leur premier mioche en route, je me contente de faire du surplace, coincée dans un jeu de corde à sauter interminable.
Je n'ai pas dit que j'enviais ce shema de vie de A à Z : j'ai pour l'instant d'autres projets que de sacrifier ma vie à un gremlin... (encore qu'une partie de moi redoute le jour ou un déclic me fera me liquéfier de gagaterie devant un baigneur rouge et congestionné... saleté d'hormones ! saleté de pression sociale aussi...)
Mais je m'égare...
Mon prof d'illustration m'a dit un jour que j'étais une artiste et que c'était comme ça, que je n'y pouvais rien. Ma réponse fut un haussement d'épaules blasé.
Et puis, artiste c'est quoi ? c'est un mot que je déteste. Pourquoi ? tout simplement parce que j'ai l'impression de passer pour une imbécile quand j'utilise ce mot pour me définir. Ce serait un peu comme me passer un déguisement de prétentieuse qui n'a pas les moyens de ses ambitions.
Peut être parce que je fais honte au vrai sens de ce mot.
Enfin... le fait est qu'on ne peut pas aller contre son tempérament. J'ai plusieurs fois cru que la peinture ou le dessin étaient derrière moi, comme le cahier bien rempli d'un écolier insouciant, mais à chaque fois C'est revenu à la charge. Alors je m'y fais.
Je commence à sortir de ma torpeur, tout doucement. Je glisse un œil au dehors de ma coquille, je présente par ci par là mon travail, je montre...
Je pense qu'il est venu de lâcher prise. Ce n'est pas encore fait, mais c'est en chemin.
Désolée pour ce défouloir, mais ça faisait longtemps.
J'aime ce que je fais, je ne parle pas de mes créations, mais de la somme des évenements et des personnes qui font ce que je suis.
Oui, il reste encore beaucoup de chemin !!!
Reconnaissance à ce qui et ceux qui.
ouf...!
mardi, février 16 2010
Pourquoi écrire...
Par Julie Tolomelli le mardi, février 16 2010, 17:14
C'est la question que je me pose à chaque fois que je viens ici.
Chaque nouveau billet est comme une note dans le calepin décrépi d'un robinson perdu dans une multitude d'autres sites.
Quelle étrange sensation que celle de se sentir seule, tandis que toute une foule d'autres moi je hurle, murmure, se révolte, paraphrase...
Si je devais situer géographiquement mon blog, je dirais qu'il se trouve derrière cette rue aux murs barbouillés de tags : une sorte de petit boui-boui où personne ne va parce-que mal situé.(il n'y a peut être pas que ça, m'enfin...)
Non, je ne me plains pas (encore que). J'ai fait le choix de n'être hébergée par aucune grosse plateforme, tout simplement parce que j'estime que mon travail est trop précieux (à mes yeux hein, chacun son goût) pour dépendre de conditions d'inscription indigestes et perfides.
Tout ça pour pas grand chose en définitive.
Enfin, qui sait...
dimanche, juin 28 2009
bref
Par Julie Tolomelli le dimanche, juin 28 2009, 12:08
mâturer, c'est garder en soi, peindre un sourire sur une boite en carton et fermer les portes à tout, à tous.
C'est rester seul malgré le dehors, regarder l'humain comme une vermine dans le moindre repli du monde.
C'est mépriser tous les porte-parole
C'est se replier sur un caillou au coeur, c'est secreter autour, une chose qui demeurera cachée.
C'est le sang sur mes pouces à force d'être rongés.
C'est de regretter la marche du monde.
C'est déplorer être faible.
C'est cette colère qui serre mon larynx.
C'est d'être comme les autres.
C'est d'être invisible.
C'est... plein d'autres choses qui ne me viendront pas.

jeudi, février 19 2009
La semaine stress
Par Julie Tolomelli le jeudi, février 19 2009, 08:33
Le jour se lève dans des tons pastels aux reflets de nacre. Les silhouettes ternes des maisons piquent et découpent le ciel
Le corps en tailleurs devant l'écran et mon esprit à quelques mètres derrière, je m'extirpe tant bien que mal des douces griffes du sommeil.
J'essaye à nouveau d'écrire, mais le moteur n'y est plus. Les idées pourtant sont toujours là et se meuvent dans la fluidité et la chaleur d'un écosystème crânien.
Il suffit d'une simple tentative de leur extraction pour que tout s'arrête : les entitées ondoyantes et colorées se transforment en paroles mortes ; j'ai disposé leur petits corps étendus et desséchés en enfilade. Mes propres mains les ont tuées, comme celles d'un gamin indélicat attrappant une libellule et lui ecrasant les ailes.
Chaque essai semble être un echec pitoyable, mais je continue, je m'accroche à la médiocrité dans l'espoir de retrouver au creux des mains, non pas le rocher de l'excellence, mais un "juste un peu mieux", celui qui m'encourageait à continuer d'écrire, celui d'il y a deux ans, grâce auquel mes idées restaient vivantes une fois en liberté.
mardi, février 17 2009
Ce qui me rend misanthrope
Par Julie Tolomelli le mardi, février 17 2009, 19:46
Dans le métro aux heures de pointes, dans une salle d'attente, dans le train en période blanche, j'admire le détachement des gens qui occupent la place voisine de leur siège avec leur sac. Remarque, ce comportement est typique de la nature humaine, étendre son territoire pour éviter que ne s'installe un intrus à 20 cm de notre corps... qui ne l'a jamais fait... mais ce n'est pas ce qui est le plus énervant. Si seulement il existait une série de pictogrammes se baladant dans les lieux publics illustrant les différentes incivilités (c'est un bien grand mot) de personnes pour qui tout ce qui est en dehors de chez eux n'est qu'une poubelle géante.
Je sais, C'est inutile de s'indigner contre la Crétinerie, mais ce n'est pas sous prétexte que ça crée des emplois (sous-payés et ingrats) qu'il faut tout dégueulasser à la moindre occasion.
Et toutes mes excuses pour les précédentes images sans commentaires... Enfin bon, y a t il des promeneurs passant par ici, je ne crois pas...
Et puis un blog de plus sur tout et rien est-il nécéssaire ? je réponds non...